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Le Musée Gaumais de Virton naît en 1937, grâce à Edmond Fouss, professeur de langue et de géographie à l'Ecole Normale de Virton, mais surtout passionné par la culture propre et l'unité linguistique, géographique et ethnographique de sa région d'adoption, la Gaume.
                Installé dans l'ancien couvent des Récollets de Virton, autour de la première pièce des collections des musées gaumais, un chenet central de foyer (une âme damnée), légué en 1936 par un forgeron local, le musée ne cesse de s'agrandir.
                L'époque est, il est vrai, propice à la récolte de matériel ethnographique : l'économie essentiellement rurale de la Gaume disparaît peu à peu, entraînant avec elle un mode de vie et ses témoins. Parmi eux, des artisans liés aux métiers de la terre (bourreliers, vanniers, tisserands
...), qui, grâce à la persuasion d'Edmond Fouss, lèguent au musée plusieurs outils, voire des ateliers entiers.
                Parallèlement, le conservateur recueille tout ce qui risque de devenir les uniques témoins d'une Gaume révolue : mobilier domestique et ecclésiastique, objets courants en fonte (taques de cheminée, croix de chemins ou de cimetière), porcelaine luxueuse ou usuelle, supports de dévotions populaires, objets banals de la vie de tous les jours, ou encore livres, revues, plaquettes, photographies, films, nombre de tableaux, de gravures ou d'aquarelles, ... bref, le noyau de ce qui constitue la richesse des Musées gaumais.

              Sans oublier une participation active aux fouilles archéologiques florissantes dans la région.
             
              En 1953, un premier essai de décentralisation du musée gaumais de Virton s'était organisé autour de la découverte du four d'un potier gallo-romain dans le village de Huombois.

              En 1957, la mise au jour sur le site fortifié de Montauban-sous-Buzenol de l'exceptionnel bas-relief de la Moissonneuse des Trévires
allait mener à la création d'un parc archéologique, puis d'un deuxième musée gaumais, sur le site même des découvertes.             
              Construit en 1960 par l'architecte Constantin Brodsky, le musée lapidaire de Montauban-sous-Buzenol
reste une référence en matière de modernisme et d'architecture muséologique. 

              Le troisième musée gaumais a été mis sur pied grâce au legs en 1965 par les demoiselles Braffort de l'ancienne ferme de la dîme à Montquintin. Particulièrement préservée et caractéristique de l'architecture gaumaise, elle allait devenir le musée de la vie paysanne
et se remplir, grâce là encore à l'infatigable persuasion d'Edmond Fouss,  d'une multitude d'objets qui constituaient encore le quotidien des paysans gaumais dans les premières décennies du XXème siècle.

            Les haut-faits militaires de la Gaume , ainsi que les drames provoqués par le deux guerres mondiales ont aussi un espace muséologique réservé à leur mémoire. Installé en 1969 dans l'ancienne mairie de Latour, le musée Baillet-Latour
d'histoire locale et militaire conserve une foule de documents relatifs à la région.

            Par ailleurs, les Musées gaumais ont également la responsabilité de plusieurs sites archéologiques, dont le dolmen de Gomery
, Château-Renaud et bien sûr le site fortifié de Montauban-sous-Buzenol.

            L'année 1987 est marquée par deux événements : la mort d'Edmond Fouss, et, venant en quelque sorte perpétuer le Grand Oeuvre du défunt, le lancement de la construction d'une nouvelle aile contemporaine pour le musée de Virton, conçue par les architectes Bodson & Claisse, projet audacieux et réussite architecturale, où est installées les remarquables sections archéologique
  et "coutumes et croyances" du musée.

          Contre vents, marées et coups durs, notamment et particulièrement la disparition précoce du successeur d'Edmond Fouss, l'archéologue Gérard Lambert, les musées gaumais restent, sous les auspices du nouveau conservateur Constantin Chariot
, une référence en matière de modernité architecturale et muséologique, tant au niveau national qu'international.